st medardPlace de l'église, Elancourt Village
XII ème – XVIème - XVIIème siècles

L'église d'Élancourt se situe au bord de l'ancien tracé du chemin de Paris à Chartres. Le "chemin des côtes" et le "chemin de Paris"chemins ruraux de la commune d'Élancourt, en sont des témoins discontinus.
Le sanctuaire fut commencé par le chœur au Xème siècle et terminé au début du XIIème
Au XIIIème siècle, le village comptait 80 paroissiens. Les terres étaient partagées entre la chancellerie de Maurepas et celles de Trappes, puis elle passèrent en grande partie au domaine de la commanderie de la Villedieu. 

L'église bénéficie d'une très bonne acoustique ; des concerts y ont souvent lieu. 


Vue de l'extérieur

Stmedard1L'achitecture de l'église d'Élancourt représente un type caractéristique des églises de village en Île de France. L'entrée de l'église est protégée par un porche dont la toiture est soutenue par de grosses poutres. 

Son clocher carré coiffé d'une toiture d'ardoise de forme pyramidale comporte à son sommet d'un stmedard vitralcôté une croix latine et de l'autre une girouette composée d'une sphère supportant le coq traditionnel . 

L'ensemble de l'édifice a le chœur tourné vers l'est. Il fait environ 30 mètres de longueur par 8,5 mètres de largeur au niveau de la nef (1). La hauteur du clocher est de 26 mètres. 

L'église comporte sur son flanc Sud un appendice à usage de sacristie qui s'ouvre directement sur le cimetière. Sous le toit se situe un authentique pigeonnier. La tour collée contre le clocher abrite un escalier en colimaçon qui permet l'accès au clocher. 

Sur le flanc Nord de l'église se trouve l'ancien presbytère qui est devenu propriété privée. Autrefois il communiquait directement avec l'église par une porte aujourd'hui bouchée dont on peut encore voir la trace sur le côté gauche de la nef. 

La construction de l'église aurait été commencée, par le chœur, au Xème siècle mais elle n'aurait été véritablement achevée que deux siècles plus tard avec l'aide, semble-t-il, des " Chevaliers du Temple " de la Commanderie de la Villedieu. 

L'église a fait l'objet de nombreux remaniements soit pour des raisons de sauvegarde soit pour s'adapter au besoin cultuel. La nef a été refaite au XVIIème siècle. La dernière restauration date de 1985 . 

Vue de l’intérieur

Normalement orientée, on pénètre dans nef par la partie Ouest précédée d’un porche surélevé de deux marches par rapport au parvis. 

planstmedardDépourvue de transept, le vaisseau se décompose suivant la tradition en trois parties, l’avant chœur et le chœur s’ouvrant sur la nef par un arc triomphal en pierre meulière. 

La nef est couverte d’une voûte en bois à sept pans qui a été lambrissée lors d’une restauration au XVIIème siècle. 

L’avant chœur surélevé de deux marches par rapport à la nef se décompose de fait en deux parties, la première (2), en deçà de l’arc triomphal qui peut recevoir deux ambons, la seconde (3) au-delà de l’arc, moins large que la nef, est couverte d'une voûte d’arête simple de style roman primitif. Cette voûte est percée d’une large ouverture permettant la communication avec le clocher, symbole de l’union du ciel et de la terre. 

Un nouvel arc triomphal et une seconde surélévation de deux marches nous amènent dans le chœur (4) proprement dit. C’est la partie la plus ancienne de l’église datée du XIIème siècle. La voûte est plus soignée; il s’agit encore d’une voûte d’arête mais pourvue de nervures sous forme de moulures qui s’appuient aux angles sur quatre colonnes par l’intermédiaire d’un chapiteau sculpté. Les motifs de feuillage sont différents pour chaque pilier et offrent une grande similitude avec la décoration templière. 

La croisée des arêtes est décorée d’une peinture à motifs floraux stylisés. Dans la peinture polychrome de la clé de voûte, on retrouve, parmi les volutes, le thème de la croix pattée du type celtique, autre signe de l’aide supposée des chevaliers du Temple de la Villedieu à la réfection de l’église alors que celle-ci menaçait ruine à la fin du XIIIème siècle. 

A la fin du siècle dernier le chevet, jusque là fermé comme dans la plupart des églises de la stmedard autelrégion pour accueillir un retable au-dessus de l’autel, fut ouvert pour recevoir une triple baie ogivale (5). L’ensemble fut garni d’un vitrail, œuvre des Dupin à Versailles, représentant un des épisodes marquants de la vie de Saint Médard à l’occasion de ses rapports avec le roi mérovingien Clotaire I , le fils de Clovis en 530. Nous pouvons lire sous le vitrail " Le roi Clotaire vient à Noyon recevoir une dernière bénédiction de St Médard ". En bas du vitrail une bordure de roses rappelle la tradition datant du XVIIIéme siècle attribuant à Saint Médard la fête des rosières. 

Les sept autres fenêtres (6) sont pourvues de vitraux à motifs floraux . La façade ouest comporte deux fenêtres dont l’une, en partie obstruée lors de la construction du porche et de la tribune, est garnie d’un petit vitrail représentant la " Nativité " visible de la tribune (7) 

Statuaire et mobilier
stmedard vierge et enfantlacroixstmedardSur le côté droit de la nef on peut remarquer une très belle statue en bois la " Vierge au raisin " (8) de facture bourguignonne du XVIème siècle qui a retrouvé sa place dans l’église paroissiale lors de la restauration de 1985. Marie porte sur son bras gauche l’Enfant qui bénit et tient le globe crucifère. Elle tient dans la main droite une grappe de raisin. 
Sur le coté gauche de la nef au-dessus de l’ambon se trouve un Christ en majesté (9) enseignant avec le livre de la Parole ouvert " La Paix soi Tavec Vous ". Le linteau transversal de la croix a été volontairement surbaissé par l’artiste pour exprimer un Dieu proche de notre humanité . Cette œuvre de André Marie Fountrain , moine Bénédictin , a été faite pour l’église en 1987. L’autel ainsi que l’ambon ont été faits dans l’ancienne porte d’entrée de l’église en 1987.

Les Origines d'Élancourt

On n'a que peu de renseignements sur les origines du village d'Élancourt dont le nom n'apparaît sous son orthographe actuelle qu'à partir du milieu du XVIIIéme siècle. 

A l'origine une importante exploitation agricole (une villa ) dont il est fait mention pour la première fois au IXème siècle sur le registre des biens de l'Abbaye de St-Germain-des-Prés sous la dénomination "Aglini curtis " qui peut se traduire, selon les uns par " ferme enclose " (ferme fortifiée ) soit par " Ferme d'Aglin " du nom de son propriétaire. 

On peut penser que l'église actuelle a été dédiée à St Médard alors que la terre d'Élancourt dépendait de l'Abbaye de St-Germain-des-Prés, nécropole officielle des Mérovingiens. 

Saint Médard

Que savons nous du saint nommé " Médard, né dans le Vermandois vers 456 il devient évêque de la ville qui deviendra St Quentin (Aisne). Il transfert son siège épiscopal à Noyon en 531 pour mieux résister aux invasions et se rapprocher de ses terres . Il se livre avec efficacité à la christianisation du nord de la Gaule Il meurt en 545 à Tournai (ville épicopale jumelée à Noyon). Autour de son tombeau à Soissons s'élèvera plus tard la célèbre abbaye de St Médard construite par Clotaire I en 560. 

Une tradition datant du XVIIIème siècle attribue à Saint Médard la fête des rosières (couronnement de jeunes filles vertueuses ). La fête de St Médard est le 8 Juin , date qui correspond à un dicton populaire sur le temps bien connu mais qui n'a pas de liaison avec la vie du saint.